Nos actualités

Cockpit::imageUrl($data['newsModel'][0]['picture']['altText'])

Actualité

Le 21 novembre 2025

Le HCPP valide le projet de décret sur la profession infirmière, mais les syndicats restent prudents

Le Haut Conseil des professions paramédicales (HCPP) a donné, le 13 novembre, un avis favorable au projet de décret en Conseil d’État définissant les activités et compétences des infirmiers. Une étape importante, mais loin de faire consensus. Après quatre heures de débats, le texte a été adopté par 22 voix pour, 5 abstentions et 3 contre, avant d’être transmis au Conseil d’État le 14 novembre. Les organisations syndicales, elles, pointent déjà plusieurs zones d’ombre.

Une avancée saluée par la CFDT

Pour certains acteurs, la finalisation de ce décret marque une modernisation attendue du cadre d’exercice infirmier. La CFDT est la seule organisation à avoir voté pour. Son secrétaire fédéral, Romuald Foltz, souligne des évolutions majeures : reconnaissance du diagnostic et de la consultation infirmière, ouverture de la prescription à certains produits de santé, clarification du rôle propre, valorisation de la recherche et de l’innovation, ainsi que reconnaissance de nouvelles spécialités en pratique avancée. Autant de mesures qui, selon lui, traduisent une « dynamique positive » et une étape structurante pour l’avenir de la profession.

Des inquiétudes persistantes

D’autres syndicats restent plus réservés. Ils redoutent notamment un glissement de tâches vers les aides-soignants, auxiliaires de puériculture et accompagnants éducatifs et sociaux, dont les référentiels doivent être actualisés.

La rémunération, grande inconnue

Au-delà des aspects techniques, la question cruciale demeure celle de la revalorisation salariale. La loi infirmière de juin prévoit l’ouverture de négociations pour adapter les rémunérations aux nouvelles compétences. Mais à ce jour, aucune discussion n’est engagée pour les infirmiers salariés. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a seulement indiqué le 20 novembre que cette « valorisation » interviendrait en 2026, sans préciser les modalités.

Pour les syndicats, cette absence de garanties financières fragilise l’ensemble de la réforme. « Elle ne pourra réussir que si elle s’accompagne d’une revalorisation pour tous les modes d’exercice », insiste la CFDT, qui appelle également à renforcer la qualité de vie au travail et à intégrer la notion d’écoresponsabilité dans la pratique infirmière.